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Témoignages


Six ans pour obtenir justice

 

N’Hamed Chaya, au Québec depuis plus de vingt ans, ouvrier du métal et soudeur, doit quitter son premier emploi à cause de conditions insalubres. Puis il travaille durant douze ans dans une entreprise qui nettoie et répare des machines industrielles. Vers les années 1990, il éprouve du mal à respirer et souffre de fatigue. Son médecin lui découvre une fibrose aux poumons. Pourtant, N’Hamed Chaya, père de quatre enfants, ne se résigne pas à arrêter de travailler. Son état s’aggrave et son médecin, en 2002, le convainc de quitter le travail et de faire une réclamation à la CSST. Se basant sur l’avis des pneumologues, revisé par le “Comité des présidents”, la CSST rejette sa réclamation pour lésion professionnelle. La Fondation l’assistera alors dans son long combat. Il bénéficiera de l’expertise d’un pneumologue rémunéré par la Fondation et de l’Aide juridique (frais de procureur). Cette saga aura duré six ans puisqu’il n’allait obtenir gain de cause qu’en janvier 2008. N’Hamed Chaya est fier de l’aide apportée par la Fondation.

« Sans la Fondation, je n’aurais sûrement pas pu tenir le coup pendant tout ce temps », affirme aujourd’hui N’Hamed Chaya.

 

25 ans plus tard, des conséquences

 

Après une quinzaine d’années à exercer son métier de mécanicien, Réal Belouin souffre d’entorses lombaires à répétition et doit s’absenter de son travail. Après avoir subi une intervention chirurgicale à la colonne vertébrale en 1983 et, malgré sept mois de convalescence, son médecin avoue son impuissance et le renvoie au travail. Au cours des années qui suivent, il combat tant bien que mal la douleur en absorbant médicaments sur médicaments. Les effets secondaires de ces derniers le ramèneront à nouveau en salle d’opération pour y subir une intervention à l’estomac. De retour au travail, malgré de nouvelles entorses, il tient le coup jusqu’en 2002. Son médecin le met alors en arrêt de travail prolongé. Perturbé par la douleur insupportable secondaire à son état de santé misérable, il est pris en charge par son assurance collective. Toutefois, sans revenu à partir de 2003, Réal Belouin et sa famille doivent survivre par ses modestes économies. Usé par un mal incessant et devant l’insécurité financière, il ne voit pas d’issue. Au bord du désespoir, il songe au suicide. Cependant, apparaît une lumière au bout du tunnel : la Fondation lui offre conseil et soutien médical, cela en défrayant les coûts de l’expertise médicale requise et les frais de traitements d’ostéopathie pour le soulager. Finalement, en 2007, son état de santé est reconnu par la Commission des lésions professionnelles et il touche une compensation financière en conséquence.

« Sans la Fondation, je crois que je n’aurais pas eu la force de continuer à vivre », dit aujourd’hui Réal Belouin.

 

Les effets bénéfiques d’une écoute attentive

 

Préposée aux bénéficiaires à l’Hôpital des Vétérans de Sainte-Anne-de-Bellevue, Christiane Gadbois doit soulever des patients lourds. Un jour, alors qu’elle s’affaire avec une collègue à installer l’un deux dans son lit, elle éprouve un craquement au bas de la colonne vertébrale. Elle doit cesser de travailler. Elle est compensée par la CSST. Mais après quelques mois, ses prestations sont coupées sous prétexte d’une condition personnelle. Aidée par son syndicat, elle conteste cette décision et obtient gain de cause en 1992. Ne pouvant plus exécuter un travail trop lourd, elle se réoriente et suit des cours. À partir de ce moment, ses tentatives pour réintégrer le marché du travail de façon permanente seront toujours vouées à l’échec. Employée dans un dépanneur, elle fera une chute, elle subit une hernie discale, se blesse au bras et à une omoplate, puis on lui diagnostique une fibromyalgie, ce qui explique ses douleurs et sa fatigue permanente. Elle vit aujourd’hui des prestations de l’aide sociale. L’horizon semblait bloqué, mais en contact avec la Fondation, elle a accès à différents soins alternatifs pour réduire ses douleurs. Elle dit recevoir une aide précieuse et surtout une écoute attentive de la part des professionnels de la santé auxquels la Fondation lui donne accès.

« Pour moi, c’est une bouée de sauvetage. Le plus difficile, c’est de sentir qu’on ne vous croit pas lorsque vous décrivez votre mal ou encore d’être soupçonnée de feindre la maladie, soutient-elle. C’est humiliant et ça pousse à la dépression. »




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10 février 2013

17 AVRIL 2013